Dividendes ou salaire : que choisir pour se rémunérer ?

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Une main calcule à la calculatrice pendant que l'autre prend des notes
Photo : Karolina Kaboompics sur Pexels

Un salaire est une charge pour la société : il réduit l'impôt sur les sociétés, mais supporte des cotisations qui ouvrent des droits (retraite, maladie). Un dividende se verse après l'impôt sur les sociétés et supporte la flat tax de 31,4 %, sans ouvrir de droits. Le bon choix dépend du statut du dirigeant, du niveau de bénéfice et de la protection sociale voulue.

Deux chemins pour sortir l'argent de la société

Le salaire (ou la rémunération du gérant) est une charge de la société. Il diminue son bénéfice, donc son impôt sur les sociétés. Il supporte des cotisations sociales, puis l'impôt sur le revenu à votre taux personnel. En échange, il vous ouvre des droits : retraite, indemnités en cas d'arrêt, couverture santé.

Le dividende est une part du bénéfice, versée après l'impôt sur les sociétés. Il supporte ensuite la flat tax de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il ne vous ouvre aucun droit à la retraite.

L'impôt sur les sociétés

Le bénéfice d'une société à l'IS est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € pour les PME qui remplissent les conditions (chiffre d'affaires sous 10 millions d'euros, capital entièrement libéré et détenu au moins à 75 % par des personnes physiques), puis à 25 % au-delà.

Un exemple : ce qui reste sur 10 000 €

Supposons que la société puisse consacrer 10 000 € à votre rémunération, dans la tranche d'impôt sur les sociétés à 15 %. Les montants sont des ordres de grandeur.

Dividendes en SASSalaire en SASRémunération de gérant majoritaire de SARL
Coût pour la société10 000 €10 000 €10 000 €
Impôt sur les sociétés1 500 €0 €0 €
Flat tax ou cotisations2 669 €environ 4 400 €environ 3 100 €
Reste avant impôt sur le revenu5 831 €environ 5 600 €environ 6 900 €
Impôt sur le revenudéjà payéselon votre tauxselon votre taux
Droits ouvertsaucunretraite, maladieretraite, maladie

Trois enseignements :

  • En SAS, dividende et salaire laissent à peu près le même montant avant impôt sur le revenu. Le salaire ouvre des droits, le dividende n'en ouvre pas. Si votre taux d'impôt sur le revenu est élevé, le dividende devient plus intéressant.
  • En SARL, la rémunération du gérant majoritaire est la voie la moins taxée. Ses dividendes, au-delà de 10 % du capital, supportent des cotisations : voir SARL ou SAS.
  • Au-delà de 42 500 € de bénéfice, l'impôt sur les sociétés passe à 25 % et le dividende perd de son avantage : il ne reste plus que 5 145 € sur 10 000 €.

Les règles à respecter pour les dividendes

  • Ils se versent une fois les comptes approuvés par les associés, dans les six mois qui suivent la clôture de l'exercice.
  • Ils ne peuvent venir que du bénéfice distribuable : le résultat, plus le report à nouveau, moins les pertes antérieures et la réserve légale.
  • La réserve légale : 5 % du bénéfice chaque année, jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social.

L'option pour le barème

Au lieu de la flat tax, vous pouvez choisir d'intégrer vos dividendes au barème progressif de l'impôt sur le revenu, après un abattement de 40 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut. L'option est intéressante si votre taux d'imposition est faible. Elle s'applique à tous vos revenus de capitaux de l'année : faites la simulation avant de la cocher.

À retenir : un salaire minimal garde un intérêt même quand les dividendes sont plus avantageux. L'équivalent de 600 heures payées au SMIC sur l'année permet de valider quatre trimestres de retraite.

Comment doser

Un dosage fréquent consiste à se verser un salaire qui couvre vos besoins courants et valide vos trimestres de retraite, puis à compléter par des dividendes une fois l'année connue. Le salaire doit correspondre à un travail réel et ne pas être excessif, sans quoi l'administration peut refuser sa déduction. Le bon équilibre dépend de votre statut, de votre bénéfice, de votre taux d'impôt et de votre situation familiale : votre expert-comptable peut le calculer chaque année.

Questions fréquentes

Les dividendes sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

En SAS, non : ils supportent seulement la flat tax, qui inclut 18,6 % de prélèvements sociaux. Pour un gérant majoritaire de SARL, la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associés supporte des cotisations sociales de travailleur non salarié.

Peut-on se verser des dividendes chaque mois ?

Pas au sens d'un salaire. Les dividendes se décident une fois par an, après l'approbation des comptes. Des acomptes sur dividendes sont possibles en cours d'exercice, à condition qu'un bilan intermédiaire certifié fasse apparaître un bénéfice suffisant.

Le salaire du dirigeant réduit-il l'impôt sur les sociétés ?

Oui. C'est une charge déductible, à condition qu'il rémunère un travail effectif et qu'il ne soit pas excessif au regard du service rendu. Les cotisations qui s'y ajoutent sont aussi déductibles.

Pour passer à la pratique

SAS ou SARL ?

Salaire ou dividendes : vous comparez ce qu'il reste au dirigeant dans chacune des deux sociétés. 7 minutes.

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