SARL ou SAS : comment se rémunérer en tant que dirigeant ?
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Tout se joue sur le statut social du dirigeant. Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié : son salaire coûte moins cher en cotisations, mais ses dividendes au-delà de 10 % du capital en supportent aussi. Le président de SAS est assimilé salarié : son salaire coûte plus cher, mais ses dividendes ne supportent que la flat tax.
Deux statuts sociaux, pas deux sociétés si différentes
La SARL et la SAS sont deux sociétés à responsabilité limitée : dans les deux cas, vos biens personnels sont protégés et la société paie l'impôt sur les sociétés. Pour votre rémunération, la vraie différence est ailleurs : le statut social du dirigeant.
| Dirigeant | Statut social |
|---|---|
| Gérant majoritaire de SARL, gérant d'EURL | Travailleur non salarié (TNS) |
| Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL | Assimilé salarié |
| Président de SAS ou de SASU | Assimilé salarié |
Un gérant est majoritaire quand il détient, seul ou avec les autres gérants, plus de la moitié des parts.
Ce que coûte un salaire
Les ordres de grandeur suivants aident à comparer. Ils varient selon le niveau de rémunération et les options choisies.
- Gérant majoritaire de SARL (TNS) : les cotisations représentent environ 40 à 45 % de la rémunération nette.
- Président de SAS (assimilé salarié) : les cotisations patronales et salariales représentent environ 75 à 80 % de la rémunération nette.
Pour se verser 2 500 € nets par mois, une SARL débourse donc environ 3 600 € par mois, une SAS environ 4 500 €. Sur un an, l'écart approche 11 000 €.
Ce que ces cotisations vous apportent
Les cotisations plus élevées du président de SAS ne sont pas perdues : elles ouvrent une protection proche de celle d'un salarié. Une retraite de base et complémentaire comparable à celle d'un cadre, de meilleures indemnités en cas d'arrêt maladie, souvent une prévoyance. Il n'a pas droit à l'assurance chômage, sauf contrat de travail distinct pour des fonctions techniques réelles.
Le gérant TNS cotise moins et reçoit moins, notamment pour la retraite et les arrêts de travail. Une assurance complémentaire, souvent déductible, permet de compenser une partie de l'écart.
Autre différence : un TNS paie des cotisations minimales même sans rémunération. Un président de SAS qui ne se verse rien ne cotise pas, mais ne s'ouvre aucun droit.
Le traitement des dividendes
C'est le point qui fait souvent pencher la balance.
- En SAS, les dividendes supportent seulement la flat tax de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Aucune cotisation sociale.
- En SARL, pour un gérant majoritaire, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant d'associé) supporte des cotisations sociales de TNS, à la place des prélèvements sociaux. Avec un capital de 5 000 €, cela concerne presque tous les dividendes au-delà de 500 €.
Comment choisir
- Vous comptez vous rémunérer surtout par un salaire : la SARL avec un gérant majoritaire est souvent la moins coûteuse.
- Vous comptez vous verser surtout des dividendes : la SAS est en général plus avantageuse.
- Votre protection sociale compte avant tout : la SAS offre une couverture plus proche du salariat.
- Vous prévoyez d'accueillir des associés ou des investisseurs : la SAS laisse plus de liberté dans les statuts.
Dans les deux sociétés, on combine souvent un salaire et des dividendes. Le bon dosage dépend du bénéfice et de vos besoins : voir dividendes ou salaire. Faites valider le calcul par votre expert-comptable avant de changer de forme de société.
Questions fréquentes
Un gérant minoritaire de SARL est-il travailleur non salarié ?
Non. Un gérant minoritaire ou égalitaire qui est rémunéré relève du régime des assimilés salariés, comme un président de SAS. Seul le gérant majoritaire, ou le collège de gérants majoritaire, est travailleur non salarié.
Le président de SAS a-t-il droit au chômage ?
Non, pas au titre de son mandat. Il peut y avoir droit s'il exerce, sous un contrat de travail distinct, des fonctions techniques réelles avec un lien de subordination, ce qui est rare dans une petite société.
Peut-on passer d'une SARL à une SAS ?
Oui, par une transformation de la société. Elle demande une décision des associés, la mise à jour des statuts, parfois un commissaire à la transformation et des formalités de publicité. Le numéro SIREN ne change pas.
Pour passer à la pratique
SAS ou SARL ?
Une dirigeante, deux sociétés possibles : vous comparez ce que coûte sa rémunération dans chacune. 7 minutes.


