Rendez-vous avec le banquier : les chiffres à connaître
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Un banquier veut savoir une chose : l'entreprise pourra-t-elle rembourser ? Il regarde donc ce que l'activité dégage chaque année, ce qu'elle doit déjà, la solidité de ses capitaux propres et son besoin de trésorerie. Arriver avec ces chiffres calculés et expliqués change la nature du rendez-vous.
Ce que le banquier cherche
Le banquier ne finance pas une idée, il finance une capacité à rembourser. Il lit vos comptes des dernières années, puis votre projet. Pour une entreprise qui réalise plus de 750 000 € de chiffre d'affaires, il consulte aussi la cotation que la Banque de France attribue à partir des comptes annuels.
Prenons un garage automobile qui demande 120 000 € sur 7 ans pour un nouvel atelier de carrosserie.
Les six chiffres à connaître
1. Le chiffre d'affaires et sa tendance
Sur trois ans, pas seulement le dernier. Une activité qui progresse régulièrement rassure. Une baisse doit être expliquée avant que la question ne soit posée.
2. L'excédent brut d'exploitation (EBE)
C'est ce que rapporte le métier avant les amortissements, les intérêts et l'impôt. Il mesure la performance de l'activité indépendamment de la façon dont l'entreprise est financée.
3. La capacité d'autofinancement (CAF)
C'est l'argent que l'activité dégage chaque année pour rembourser et investir. En première approche :
CAF ≈ résultat net + dotations aux amortissements et aux provisions
Le garage a dégagé 30 000 € de résultat net et 20 000 € d'amortissements : sa CAF est d'environ 50 000 € par an.
4. L'endettement
On compare les dettes financières (emprunts) aux capitaux propres. Un ratio inférieur à 1, c'est-à-dire moins de dettes que de fonds propres, est en général bien perçu. Au-delà, le banquier regarde de plus près.
5. La capacité de remboursement
Capacité de remboursement = dettes financières ÷ CAF
Elle dit combien d'années de CAF il faudrait pour rembourser toutes les dettes. Avec 90 000 € d'emprunts en cours, le garage est à 1,8 année : un niveau confortable. Plus ce nombre s'allonge, plus le banquier se montre prudent.
Il regarde aussi les annuités. Le nouveau prêt de 120 000 € sur 7 ans à 4 % coûte environ 20 000 € par an. Ajouté aux 15 000 € d'annuités existantes, il absorbe 35 000 € sur 50 000 € de CAF. Il reste 15 000 € de marge : le banquier se demandera si elle suffit à passer une année moins bonne.
6. Le besoin en fonds de roulement et la trésorerie
Un projet qui fait grandir l'activité fait grandir le BFR. Montrez que vous l'avez prévu, avec un plan de trésorerie sur douze mois.
Les documents à préparer
- Les trois derniers bilans et comptes de résultat, avec leurs annexes.
- Une situation intermédiaire si la dernière clôture date de plus de six mois.
- Le plan de financement du projet : ce qu'il coûte, comment il est financé (apport, prêt, aides).
- Un prévisionnel sur trois ans et un plan de trésorerie sur douze mois.
- Les devis du projet, les statuts et un extrait Kbis récent.
Les garanties
Le banquier demande presque toujours une garantie : un nantissement du matériel ou du fonds de commerce, une caution personnelle du dirigeant ou une garantie de Bpifrance qui couvre en général 40 à 70 % du prêt. Une caution personnelle doit rester proportionnée à vos revenus et à votre patrimoine. Lisez-la avant de la signer et faites-en plafonner le montant et la durée.
Questions fréquentes
Combien d'apport faut-il pour obtenir un prêt professionnel ?
Il n'existe pas de règle fixe, mais les banques attendent souvent un apport de 20 à 30 % du projet, en fonds propres ou en trésorerie de l'entreprise. Un apport plus faible peut être compensé par des aides, un prêt d'honneur ou une garantie de Bpifrance.
Que faire si la banque refuse le prêt ?
Demandez-en les raisons, consultez une autre banque et regardez les solutions de Bpifrance. Si plusieurs refus bloquent votre entreprise, la médiation du crédit de la Banque de France, gratuite et confidentielle, peut intervenir auprès des banques.
Le banquier peut-il exiger une caution personnelle ?
Il peut la demander : c'est fréquent pour une petite société. Elle doit cependant rester proportionnée à vos biens et à vos revenus au moment de la signature. Négociez un plafond et une durée. Vous pouvez aussi proposer une garantie de Bpifrance pour en réduire le montant.
Pour passer à la pratique
La capacité de remboursement
Ce que l'activité dégage chaque année : la banque en déduit jusqu'où elle peut vous suivre. 6 minutes.


