Capacité d'autofinancement (CAF) : définition et calcul

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Un menuisier en tablier usé assemble un cadre en bois sur son établi, entouré d'outils et de tabourets en cours de fabrication
Photo : Alejandro Ramírez sur Pexels

La capacité d'autofinancement (CAF) est l'argent que l'activité de l'entreprise dégage sur une année, une fois payées toutes les charges qui donnent lieu à un décaissement. En première approche : CAF = résultat net + dotations aux amortissements et aux provisions − reprises − plus-values de cession. C'est avec elle que l'entreprise rembourse ses emprunts, investit et verse des dividendes.

Ce que mesure la CAF

Le résultat net mélange deux sortes de charges. Les premières sortent vraiment de la banque : les achats, le loyer, les salaires, les intérêts, l'impôt. Les secondes sont des écritures comptables sans paiement : les amortissements, qui étalent le coût d'une machine sur plusieurs années, et les provisions, qui mettent de côté une perte probable.

La CAF retire ces charges calculées du raisonnement. Elle répond à une question simple : combien d'argent l'activité de l'année a-t-elle produit pour rembourser, investir et rémunérer les associés ?

C'est pourquoi le banquier la regarde avant le bénéfice. Une machine amortie sur cinq ans pèse sur le résultat chaque année, mais elle a été payée le jour de l'achat. Elle ne retire rien à la capacité de rembourser un nouveau prêt.

Les deux formules

En partant du résultat net (méthode additive)

C'est la plus utilisée, parce qu'elle part du chiffre que tout le monde connaît :

CAF = résultat net + dotations aux amortissements, dépréciations et provisions − reprises sur ces mêmes postes − produits de cession d'actifs + valeur nette comptable des actifs cédés − quote-part des subventions d'investissement virée au résultat

La ligne qui surprend concerne les cessions. Quand l'entreprise vend une ancienne machine, la plus-value entre dans le résultat. Mais cette vente n'a rien à voir avec l'activité courante : on la neutralise en retirant le prix de vente et en rajoutant la valeur qui restait au bilan.

En partant de l'EBE (méthode soustractive)

C'est la présentation du plan comptable. On part de l'excédent brut d'exploitation et l'on retire les charges qui se paient, en ajoutant les produits qui s'encaissent :

CAF = EBE + autres produits d'exploitation − autres charges d'exploitation + produits financiers encaissés − charges financières payées + produits exceptionnels encaissés hors cessions − charges exceptionnelles payées − participation des salariés − impôt sur les bénéfices

Les deux méthodes donnent le même chiffre. Si ce n'est pas le cas, un retraitement a été oublié.

Un exemple chiffré : une menuiserie d'agencement

Une menuiserie en SARL fabrique des cuisines et des dressings sur mesure. Elle emploie quatre salariés. Cette année, elle a vendu une vieille scie à format pour 6 000 €, alors qu'elle valait encore 2 000 € dans ses comptes. Elle a aussi provisionné 4 000 € pour un litige avec un client et repris 1 500 € d'une ancienne provision devenue inutile.

LigneMontant
Résultat net22 100 €
+ Dotations aux amortissements+ 31 000 €
+ Dotation à la provision pour litige+ 4 000 €
− Reprise de l'ancienne provision− 1 500 €
− Prix de vente de la scie− 6 000 €
+ Valeur de la scie encore au bilan+ 2 000 €
CAF51 600 €

Vérifions par l'autre méthode. L'EBE de la menuiserie est de 60 500 €. Elle a payé 5 000 € d'intérêts d'emprunt et 3 900 € d'impôt sur les sociétés. 60 500 − 5 000 − 3 900 = 51 600 €. Les deux calculs concordent.

Le raccourci « résultat net + amortissements » aurait donné 53 100 €. Il compte la plus-value de la scie comme si elle allait se répéter et oublie la provision pour litige. L'écart est faible ici, mais il grossit dès qu'une année comporte une cession importante.

À retenir : la CAF est ce que l'activité de l'année produit en argent. Une vente exceptionnelle, une provision ou un amortissement ne la modifient pas.

CAF, autofinancement et trésorerie : trois choses différentes

L'autofinancement

Si la menuiserie verse 9 000 € de dividendes à ses associés, il lui reste 51 600 − 9 000 = 42 600 € d'autofinancement. C'est la part de la CAF qui reste dans l'entreprise. Le choix entre dividendes et salaire a donc un effet direct sur ce qui reste pour investir.

La trésorerie

La CAF n'est pas l'argent arrivé sur le compte. Elle compte les ventes facturées, pas les ventes encaissées. Si les clients de la menuiserie paient leurs cuisines avec deux mois de retard ou si elle a acheté du bois d'avance, une partie de la CAF reste bloquée dans le besoin en fonds de roulement. C'est le mécanisme qui explique qu'on puisse avoir un bénéfice sans trésorerie.

La CAF sert d'abord à rembourser le capital des emprunts. Ce remboursement n'est pas une charge : il n'apparaît pas dans le résultat, mais il consomme de l'argent chaque mois.

Les erreurs fréquentes

  • Confondre CAF et bénéfice. Une entreprise qui amortit beaucoup peut afficher un petit bénéfice et une CAF solide. L'inverse arrive aussi lorsqu'une plus-value gonfle le résultat d'une année.
  • Garder une plus-value dans la CAF. Vendre un véhicule ou un local donne de l'argent une fois. Le compter dans la CAF fait croire que l'activité rapporte plus qu'en réalité.
  • Oublier que la CAF est annuelle. Une bonne année ne suffit pas. Regardez-la sur trois exercices pour voir la tendance.
  • La juger sans les dettes. Une CAF de 51 600 € n'a pas le même sens pour une entreprise sans emprunt et pour une entreprise qui rembourse déjà beaucoup chaque année.

À quoi elle sert concrètement

  • Préparer une demande de prêt : le banquier rapporte vos dettes et vos échéances à la CAF pour juger votre capacité de remboursement. C'est l'un des chiffres à connaître avant le rendez-vous.
  • Décider d'un investissement : savoir ce que l'activité dégage chaque année dit ce que vous pouvez financer seul et ce qui demandera un emprunt.
  • Suivre la santé de l'entreprise : une CAF qui baisse alors que le chiffre d'affaires monte signale des marges qui s'érodent.

Votre expert-comptable calcule la CAF dans le tableau de financement ou dans une analyse jointe aux comptes annuels. S'il ne la présente pas, demandez-la-lui.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CAF et l'EBE ?

L'EBE mesure ce que rapporte le métier avant les intérêts d'emprunt et l'impôt. La CAF part de l'EBE et retire ces décaissements : elle dit ce qui reste vraiment à l'entreprise. La CAF est donc en général inférieure à l'EBE.

Une CAF négative, c'est grave ?

Oui, c'est un signal fort. L'activité de l'année a consommé plus d'argent qu'elle n'en a produit : l'entreprise a dû puiser dans sa trésorerie ou s'endetter pour fonctionner. Une année isolée peut s'expliquer, mais plusieurs années de suite demandent d'agir sur les prix ou les charges. Parlez-en rapidement avec votre expert-comptable.

Pourquoi ajoute-t-on les amortissements au résultat ?

Parce qu'un amortissement est une charge sans paiement. La machine a été payée le jour de son achat, puis son coût est réparti sur plusieurs années dans le résultat. Pour retrouver l'argent réellement dégagé dans l'année, on rajoute donc cette charge au résultat net.

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